«Monica Seles, dans votre autobiographie, “Getting a grip on my body, my mind, my self” *, vous revenez sur votre combat contre la boulimie. Pouvez-vous nous en parler ?C’est une source de fierté…
«Je me dis simplement que je suis très chanceuse d’avoir fait ce que j’aimais. J’espère maintenant trouver quelque chose que j’aime autant que le tennis»
Toujours dans votre autobiographie, vous évoquez votre rencontre avec Nelson Mandela. Qu’en est-il de votre propre image ?
(Gênée) J’ai eu la chance de pratiquer un sport que j’aimais. Malheureusement, beaucoup de choses me sont arrivées, comme mon agression, notamment. Malgré tout, je me suis battue. Mais quand j’ai l’opportunité de rencontrer des personnes comme Monsieur Mandela, et même dans le tennis, des joueuses comme Martina Navratilova, qui sont plus grandes que le sport, parce qu’elle a tellement fait pour les femmes, c’est toujours un très grand honneur, vraiment. Moi, je me dis simplement que je suis très chanceuse d’avoir fait ce que j’aimais. J’espère maintenant trouver quelque chose que j’aime autant que le tennis.
Vous ne vous voyez donc pas plus grande que le sport ?
Non ! Je ne pense vraiment pas (rire gêné) ! Je suis si chanceuse d’avoir fait quelque chose que j’aimais… J’étais forte dans mon sport, et à chaque fois que je rentrais sur le court, je donnais 110%. C’est tout.
Pour finir, quelle est la question que l’on ne vous a jamais posée et à laquelle vous aimeriez répondre ?
J’aimerais revenir sur la manière dont les gens perçoivent le tennis et les joueurs. Je dis toujours aux jeunes filles que je rencontre : “Oui, le tennis, c’est super, mais pas si glamour que ce que vous croyez. Vous n’avez pas des séances photos tous les quatre matins”. Chaque jour, c’est beaucoup d’entraînement, beaucoup de travail acharné et beaucoup de sacrifices. J’essaie toujours de transmettre ce message aux joueuses qui me disent : “Oh, je voudrais vous ressembler un jour”. D’accord, mais il y a beaucoup d’étapes pour arriver au sommet. Pourtant, si vous rêvez en grand, que vous travaillez beaucoup et que vous êtes bien entourée, alors oui, le rêve peut devenir réalité. J’en suis l’exemple parfait (sourire).»
Propos recueillis par Julien GIOVANELLA
source:lequipe.fr



