Seles tire sa réverence

Il n’y aura pas de troisième come-back. Monica Seles, 34 ans, a officiellement annoncé sa retraite sportive jeudi. Malgré sa volonté de revenir, l’Américaine a dû se rendre à l’évidence: plusieurs fois blessée au pied gauche, elle ne pourrait plus tenir le choc.

Issue de l’académie Nick Bollettieri en Floride, véritable « usine » à champions, Monica Seles remporte son premier match sur le circuit en 1988, à 14 ans, face à la 31e mondiale d’alors. Le monde entier la découvre un an plus tard à Roland-Garros. Agée d’à peine 15 ans et demi, elle pousse Steffi Graf au troisième set en demi-finale, scellant ainsi le début d’une des plus grandes rivalités de l’histoire du tennis: le phénomène Seles est lancé. Un an plus tard, c’est avec la coupe Suzanne-Lenglen que la Yougoslave quitte le central de la Porte d’Auteuil, devenant la plus jeune gagnante d’un titre du Grand Chelem. Un record qui en appellera d’autres: victorieuse du Masters, elle finit l’année à la deuxième place mondiale.

Numéro 1 mondiale à 17 ans

1991 sera l’année de la consécration: auteur du petit Chelem, elle devient le 11 mars 1991 la plus jeune numéro 1 mondiale de l’histoire, à l’âge de 17 ans et 3 mois. A compter de ce moment, il y aura elle et les autres. 1992 est de nouveau une année Seles: vainqueur de trois titres du Grand Chelem, seule une Steffi Graf revancharde la prive d’un Grand Chelem en finale de Wimbledon. Victorieuse pour la troisième année consécutive à Melbourne, 1993 semble partie sur les mêmes bases pour Monica, dont les cris délivrés à chaque frappe de balle sont déjà devenus célèbres. Un fou va pourtant briser son destin doré. Le 30 avril, en quart de finale du tournoi d’Hambourg, un fanatique de Steffi Graf, qui ne supporte plus de voir son idole réduite à un rôle de figurante, la poignarde dans le dos lors d’un changement de côté. Par chance, le couteau n’atteint pas les poumons mais Monica, victime d’une dépression, mettra plus de deux années à s’en remettre.

Chouchou du public

En août 1995, Monica, devenue américaine un an plus tôt, entame une deuxième carrière par un titre à Toronto et une finale à l’US Open. En janvier 1996, elle remporte, au comble du bonheur, son quatrième Open d’Australie. Ce sera son dernier titre du Grand Chelem. Même si elle ne retrouve pas son niveau d’antan, Monica, monstre de détermination et de courage, redevient l’une des meilleures joueuses du monde. Le destin la frappe de nouveau: après avoir perdu une amie anorexique et sa grand-mère, c’est son père et entraîneur de toujours, Karolj, qui disparaît quinze jours avant Roland-Garros 1998. Sans préparation, elle atteint la finale, battue par Arantxa Sanchez. Monica, qui bénéficie depuis son retour de l’inconditionnelle sympathie du public qui en fait l’une de ses joueuses préférées, est encore prête à renverser des montagnes. En 2000, elle décroche sa première médaille olympique (bronze) à Sydney et atteint la finale des Masters. En 2002, elle atteint au moins les demi-finales lors de ses sept premiers tournois et termine l’année à la 7e place.

2003 sera un calvaire pour la joueuse américaine. Blessée au pied gauche lors de l’Open d’Australie, elle ne dispute que sept tournois et joue son dernier match de sa saison – et de sa carrière – au premier tour de Roland-Garros face à Nadia Petrova, là où tout avait commencé quatorze ans plus tôt. Monica avait conservé un espoir, disputant des exhibitions avec Martina Navratilova et s’entraînant régulièrement avec Jennifer Capriati et Nicole Vaidisova notamment. Le retour de Lindsay Davenport après sa grossesse l’avait inspirée et elle espérait revenir pour le tournoi de Miami, en mars. « Je peux le faire » déclarait-elle il y a quelques semaines. Mais la raison a pris le dessus sur son envie: son pied gauche pourrait tenir un set mais difficilement plus.

« Monica, un modèle pour des millions de fans »

« Le tennis a toujours occupé et occupera toujours la majeure partie de mon existence, a-t-elle assuré. J’ai plusieurs fois envisagé de revenir sur le circuit, mais maintenant je renonce. Je continuerai à jouer quelques exhibitions, à participer à des oeuvres de charité, à promouvoir mon sport mais le circuit pro, c’est fini ». Monica Seles, précurseur du tennis moderne avec sa prise de balle précoce à deux mains des deux côtés, est un modèle pour beaucoup de joueuses: Serena Williams, Ana Ivanovic et Marion Bartoli, pour ne citer qu’elles, en sont fans.

Le président de la WTA, Larry Scott, lui a rendu jeudi un bel hommage: « Monica Seles est l’une des plus grandes championnes de l’histoire du tennis féminin et une inspiration et un modèle pour des millions de fans à travers le monde. Jamais personne n’oubliera sa féroce détermination et sa volonté de gagner, ni la charmante personne, dévouée aux autres, qu’elle a toujours été en dehors. Monica et ses incroyables matches garderont une place à part dans la mémoire des fans de tennis féminin et nul doute qu’elle trouvera rapidement sa place au Hall of Fame, le panthéon du tennis ». Visage familier et respecté, Monica – désignée par Tennis Channel joueuse préférée par les amateurs de tennis en novembre 2007 – aura pu compter jusqu’au bout sur le soutien indéfectible de ses fans. Elle n’a d’ailleurs pas manqué de les saluer: « Je voudrais remercier tous mes fans qui m’ont supportée et inspirée dans les bons moments de ma carrière, et réconfortée pendant les heures sombres que j’ai vécues. J’ai toujours été fière de mes fans, ils vont me manquer comme va me manquer la compétition ». Nul doute qu’elle manquera aussi au tennis. »

Monica SELES:

– Née le 2 décembre 1973 à Novi Sad (Ex-Yougoslavie), Américaine en 1994
– Gauchère (coup droit et revers à deux mains)
– Meilleur classement mondial: 1ère (1991, 1992, 1993, 1995, 1996)
– 53 titres en simple, dont 9 en Grand Chelem: 4 Open d’Australie (1991, 1992, 1993, 1996), 3 Roland Garros (1990, 1991, 1992) et 2 US Open (1991, 1992)
– Autres performances en Grand Chelem: 2 demi-finales (1999, 2002) à l’Open d’Australie, 1 finale (1998) et 3 demi-finales (1989, 1997, 1999) à Roland-Garros, 1 finale à Wimbledon (1992) et deux finales à l’US Open (1995, 1996)
– Autres victoires: 3 Masters (1990, 1991, 1992) et 1 finale (2000), 2 Fed Cup (1996, 2000) et 6 titres en double et une médaille de bronze aux Jeux Olympiques de Sydney (2000).

Eurosport – Julien Giovanella – 16/02/2008 16:29

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Publié dans Reprise. 1 Comment »

Une Réponse to “Seles tire sa réverence”

  1. Ludosarasota Says:

    Bye Bye Monica


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